Gabriel García Márquez, Edouard Glissant, La Caraïbe: Solitudes et Relation

  • Mémorial ACte, Salle des expositions temporaires, Pointe à Pitre
  • Du 09 décembre 2017 au 29 avril 2018
  • 12 € / 8 € (R)
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Gabriel García Márquez, Edouard Glissant, La Caraïbe: Solitudes et Relation
Salle des expositions temporaires
09 - December
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Le Mémorial ACTe, Pointe à Pitre (Guadeloupe, France) et le Museo del Caribe, (Barranquilla, Colombie), apportent à l’Année France-Colombie 2017 la contribution originale d’une exposition réalisée conjointement, « Gabriel García Márquez, Edouard Glissant, La Caraïbe: Solitudes et Relation« .
L’exposition s’inspire des œuvres-vies de Gabriel García Márquez et d’Edouard Glissant pour interroger la Caraïbe et, à travers leurs écrits, notre identité caribéenne.
Ainsi, grâce à la puissance contrastée mais complémentaire du «realismo magico» et de « la poétique de la Relation », l’exposition tente d’identifier et de révéler non seulement les liens rhizomiques qui unissent territoires insulaires et continentaux de notre Caraïbe mais également ce qu’elle met en partage avec le reste du monde. « S’ouvrir à la Caraïbe, c’est s’ouvrir au monde » affirme Glissant.
Développée sur 700m2, La Caraïbe: Solitude et Relation propose au visiteur un parcours rythmé de grandes thématiques présentant les auteurs, leurs écritures, leurs dires et leurs legs. Elle raconte également la Caraïbe, son histoire et son expérience singulières qui sont peut-être des éléments de réponse aux défis que lance le Vivre ensemble au reste du monde en ce 21ème siècle naissant.
Documents d’archives, iconographies diverses, interviews filmées font échos aux romans et essais en un cheminement scandé d’œuvres d’art et de commandes à vidéastes et plasticiens.
Fidèle à sa démarche, le MACTe expose à cette occasion une sélection des œuvres de la collection personnelle d’Edouard Glissant, acquise par la Région Guadeloupe, présentée au public pour la première fois.
Le samedi 9 décembre, de 18h à 20h, rencontre avec : Annick Thébia, commissaire de l’exposition, Sylvie Glissant, directrice de l’Instutut du Tout-Monde, Maria-Eulalia Arteta, directrice du Museo del Caribe, Ernest Pépin, écrivain, Pierre Catel, muséographe. Salle des Congrès et arts vivants.
 
L’EXPOSITION À DEUX VOIX
Nous avons pleinement adhéré à ce sujet passionnant défini par le M.ACTe de Pointe-à-Pitre et le Museo del Caribe de Barranquilla, institutions qui placent au cœur de leur mandat et de leur action régionale, nationale et internationale, l’affirmation de la Caraïbe, pour le développement culturel et partagé de ses peuples et leur présence au monde aujourd’hui. Le choix de deux auteurs de premier plan, comme Gabriel Garcia Marquez et Edouard Glissant portait en lui-même un message essentiel et un cadre clair pour nos missions respectives.
Un message de signification emblématique car Garcia Marquez et Glissant sont des figures centrales de la littérature du XXe et du XXI e siècles. En dénonçant les systèmes ethnocentristes et univoques et en enracinant leur œuvre et leur engagement dans les fondements « rhizomatiques » de leur identité, tous deux ont affirmé avec force que, depuis la Caraïbe continentale ou insulaire, des perspectives cruciales éclairent la complexité et les actuels défis de la planète.
Toutefois, de profondes différences existent entre Garcia Marquez et Glissant tant entre les imaginaires, les sources d’inspiration, le style que dans les références ou la langue, sans compter le parcours et la personnalité distincts des deux auteurs qui, quoique exactement contemporains, semblent de surcroît ne jamais s’être rencontrés. C’est bien là l’expression de la diversité de la Caraïbe où s’établissent, par-delà et grâce à la pluralité des particularités, des convergences indéniables comme celles qui se révèlent entre la Costa continentale de la Caraïbe colombienne et hispanophone et la Martinique antillaise et insulaire créolophone et francophone.
La thématique qui sous-tend le concept de l’exposition s’inspire de deux pôles, « Solitude et Relation ». Ce sont les termes d’une dialectique féconde, d’une complémentarité intra-caraïbe dont Garcia Marquez et Glissant nous permettent de postuler qu’elle n’est pas un éclatement dispersé entre des territoires isolés mais le carrefour du « Tout-monde » en réponse aux urgences que doit affronter notre monde contemporain.
Dès lors, notre mission respective a été de ne pas faire de rapprochements artificiels, mais au contraire de tirer le meilleur parti de cette diversité, d’en faire une dynamique qui, tout en respectant les deux univers littéraires, tâche d’exprimer comme le dit Glissant « La Relation, complexe, ardue, imprévisible, comme le feu majeur des poétiques à venir ». Dynamique construite sur le respect de la formidable richesse de chaque œuvre dont une exposition ne peut prétendre refléter la totalité. Mais aussi sur l’identification de confluences objectives et subjectives qui « mettent en dialogue » leur attachement à la culture locale, leur volonté de dénoncer la violence d’une histoire coloniale partagée sur la base du génocide amérindien et de la Traite négrière, mais aussi l’exploration et l’explicitation des symboles fondateurs que sont pour la Caraïbe Toussaint Louverture et Simon Bolivar. Notre souci a été de parvenir par « cette mise en dialogue » à offrir aux divers publics français et colombiens ce que Glissant nomme « la connaissance de soi et du Tout », pour appréhender le rôle essentiel de la littérature antillaise et caraïbe.
Le choix scénographique s’est porté sur la ligne courbe des modules autonomes conçus pour s’adapter à l’itinérance de l’exposition et garantir des facilités de manipulation et de transport entre les divers lieux d’accueil. Dans le parcours muséographique, le texte et l’image se répondent dans ces îlots-modules avec le souci permanent du « donner à voir » (photos, manuscrits, dessins, objets témoins, vidéos, films …). L’implantation commence par l’évocation de réalités caraïbes tissées « De sang et de sucre » sur les rivages de la Mer-Mère Caraïbe et symbolise l’assemblage fractal des îles et du continent. En son centre, la Tente du Gitan Melquiades, incarnation littéraire du « Réalisme magique » de Garcia Marquez, et l’installation réalisée par Gilles Elie-Dit-Cosaque et Hervé Beuze à partir du Discours antillais d’Edouard Glissant, offrent au public un voyage littéraire. A la fin du parcours, le Cinéma REX proposera une large sélection d’extraits et de présentations de films, tirés de l’adaptation des romans de Garcia Marquez et se déroulant dans des décors de la Caraïbe ou encore des grands classiques du cinéma mondial qui ont été en écho avec les questionnements du cinéphile accompli que fut Edouard Glissant.

 

Fidèle à sa mission d’éducation artistique et culturelle, le service de médiation culturelle du Mémorial ACTe se propose d’initier une série d’ateliers avec différents groupes de jeunes, scolaires ou du monde associatif, qui seront invités à réaliser une œuvre interprétant le personnage de Sierva Maria, du roman De l’amour et autres démons. L’œuvre intégrant l’exposition et étant appelée à évoluer et offrir des aspects différents durant les 5 mois. Permettre aux jeunes de participer de manière contributive à cette exposition est une des façons dont l’établissement espère sensibiliser la jeunesse à la création plastique et à l’art contemporain.

 

Car l’exposition offrira au visiteur un formidable parcours artistique où le message littéraire dialoguera avec une exceptionnelle collection d’arts plastiques dont les publics du M.ACTe vont avoir la primeur. Ils pourront ainsi découvrir et admirer les œuvres de la collection Edouard Glissant, superbe ensemble de peintures, dessins et sculptures qui ont accompagné la vie et l’inspiration de Glissant qui avait projeté la création d’un Musée des Arts des Amériques (M2A2). Le Fonds Glissant, aujourd’hui propriété de la Région Guadeloupe, fonds Mémorial ACTe, est l’expression de la volonté de Glissant de réunir les œuvres de très grands artistes comme Roberto Matta, Augustin Cardenas, Wilfredo Lam, Antonio Segui, entre autres, avec lesquels il a entretenu des liens profonds d’amitié, de dialogue et de fécondation réciproque qui illustrent son rayonnement personnel et son engagement culturel, social et politique.

par Annick Thébia, commissaire de l’exposition et  Pierre Catel, scénographe de l’exposition.
 
PORTRAIT D’ANNICK THÉBIA, COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION GABRIEL GARCÍA MÁRQUEZ, EDOUARD GLISSANT, LA CARAÏBE : SOLITUDES ET RELATION
Annick Thébia, commissaire de l'exposition temporaire Gabriel García Márquez, Edouard Glissant, La Caraïbe: Solitudes et RelationAnnick Thébia a exercé successivement diverses responsabilités diplomatiques et de coopération culturelle internationale au Quai d’Orsay, aux Nations Unies et à l’UNESCO où elle a été chargée de la  Coordination du Programme-Exposition  « La Force de regarder demain »,  du Commissariat général de la Célébration du 50ème anniversaire de l’UNESCO (1994-1997), puis de la Conception-Coordonation du Programme « Tagore, Neruda, Césaire : Pour l’universel réconcilié » au siège de l’UNESCO à Paris (2009-2011), de divers programmes organisés dans le cadre des activités hors-sièges de l’UNESCO tels que le Forum pour la Culture de la Paix en Afrique (2001-2012), le Commissariat général de l’Exposition internationale et la Conférence «  Nginga Mbande, Indepencia e universalidade » conduit par le Gouvernement de l’Angola (2011-2013) et du Programme mondial de la Route de la Soie à Valencia (2015-2017).
Chargée de mission à l’ONU pour la coordination de la Décennie Internationale des peuples autochtones des Nations Unies, puis pour la préparation des  Sommets mondiaux sur la Société de l’Information et de la Conférence contre le Racisme au Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, elle a été également Commissaire générale de programmes consacrées aux femmes autochtones dans le cadre de la Conférence Mondiale des Nations Unies contre le Racisme de Durban, du Programme mondial pour le Dialogue entre les Civilisations de l’Organisation des Nations Unies (ONUG)
 
Membre du Comité consultatif de la DDHDP de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour les Conférences des Trois Espaces Linguistiques de Mexico (2003) et des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora (CIAD I à Dakar et CIAD II à Salvador (2006 au Brésil), et la Communauté des Pays de langue portugaise ( Lisbonne, Rio de Janeiro, Bissau, Luanda), et du  suivi de la Conférence mondiale des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora (Salvador, Bahia 2006).

 

Auteur de films :  L’île veilleuse (1994), Au rendez-vous de la Conquête (1995), La force de regarder demain (1995) autour de l’œuvre-vie d’Aimé Césaire ; A quoi s’ajoute , Amazwi Abesifazane–Voix de femmes d’Afrique australe, de nombreux articles parus notamment dans des revues françaises, brésiliennes, ainsi que divers ouvrages «  Aimé Césaire : pour regarder le Siècle en face » parue aux Editions Maisonneuve et Larose (Paris, 2000), Aimé Césaire, le Legs (Paris 2009) « Tagore, Neruda, Césaire : pour l’universel réconcilié » Paris, 2011  et de deux documentaires sur les frontières et les enjeux géopolitiques en Guyane et en Amazonie : « Oyapock, un pont entre l’Europe et l’Amérique latine »  et « Le Contesté franco-brésilien, une épopée diplomatique ».

 Chevalier des Arts et Lettres, Annick THEBIA-MELSAN se réjouit de contribuer, comme Commissaire principal, à la conception et la réalisation, de l’exposition « Caraïbes, Solitude et Relation, Gabriel García Márquez et Edouard Glissant », mise en œuvre par le MACTe et le Museo del Caribe de Barranquilla.
PORTRAIT DE PIERRE-YVES CATEL, MUSÉOGRAPHE ET SCÉNOGRAPHE DE LA NOUVELLE EXPOSITION TEMPORAIRE DU MÉMORIAL ACTE

P CATEL - copie 2Pierre-Yves Catel  a réalisé depuis 20 ans de nombreuses opérations culturelles dans le domaine de la muséologie et de la valorisation du Patrimoine. Il a débuté sa carrière aux côtés de Georges-Henri Rivière et a été pendant 10 ans le muséographe du Musée National des Arts et Traditions Populaires. Parmi ses principales réalisations, citons dans le domaine des Monuments Historiques, maîtrise d’oeuvre pour la création du Musée du Service de Santé des Armées au Val de Grâce et pour la réhabilitation du Musée de la Légion d’Honneur au Palais de Salm.

dans le domaine des Musées d’Archéologie et des Arts et Traditions Populaires, étude et réalisation du Centre National de Recherche d’Archéologie Urbaine à Tours, le Musée Archéologique d’Evreux, le Musée des Pays de Seine et Marne à Saint Cyr sur Morin.

dans le domaine des sites, revalorisation du site de Château Gaillard aux Andelys en Normandie ,ainsi que la revalorisation culturelle du Parc de Miribelle-Jonage (3000 hectares) près de Lyon et, récemment , l’aménagement des Pavillons de Bercy à Paris (Musée des Arts Forains et lieu événementiel).
à l’étranger, projet primé avec l’architecte Laurent Salomon au concours international pour la création du Musée National de la Corée du Sud. (projet de 108 000 m²).
Actuellement au Brésil, des projets sont en cours de réalisation pour la création du Musée de l’Art Sacré du Baroque Brésilien ,au cœur de la ville historique de Ouro Preto classée au patrimoine mondial par l’UNESCO, le Musée Historique Inconfidencia à Ouro Preto, inauguré en 2008 et le Musée des Arts et Techniques de Belo-Horizonte inauguré en 2006.

dans le domaine des expositions, mentionnons « Versailles,jardins baroques » à l’Orangerie du château de Versailles ,  « les Ailes de Dieu » à l’Abbaye aux dames à Caen et « Objets de Foi » au Palais Bricherasio à Turin

GÉNÉALOGIE ET LITTÉRATURE CARIBÉENNE
A l’occasion de la présentation de l’exposition Gabo/Glissant, nous vous proposons une étude et un voyage à travers les textes de ces deux auteurs. Cet atelier est destiné aux amateurs de littérature ayant un intérêt pour la littérature.
La filiation à travers les textes de Gabriel Garcia Marquez et d’Edouard Glissant :
Inciter à l’étude de la généalogie en lien avec des extraits d’œuvres de deux grands auteurs de la littérature caribéenne. Analyse, échanges, réflexions en présence d’un intervenant.
Informations pratiques :
décembre 2017 – avril 2018
Mardi – mercredi – vendredi (scolaires) :
9h30 à 11h30 : 14h à 16h
Samedi tout public
Lieu : Médiathèque de recherche du MACTe
Tarif normal : 12 euros
Tarif réduit : 8 euros
Offre pour groupes, associations, comités d’entreprise
Places limitées.
Information et réservations par mail : mediathè[email protected] , au 0590 25 16 00 et à l’espace de recherche généalogique aux horaires d’ouvertures.

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