Le pain au feu de bois :une tradition encore vivace à Marie- Galante

le LUNDI 02 MARS 2009

La tradition du pain et des pâtisseries cuits au feu de bois est encore très présente à Marie- Galante. Mais pour combien de temps ? Témoignages de deux métrès fanm

Mme DAVIDOS Yvette est assise sur un banc, les traits tirés, ses yeux las, posés sur un massif de fleurs que lui taille un jeune homme. Derrière, fume encore son four à pain.
Je suis fatiguée… Le médecin m’a déjà dit d’arrêter,..
Elle attend encore 5 ans , le temps d’avoir les annuités suffisantes pour percevoir une bonne retraite.
Elle a repris l’entreprise familiale et depuis des décennies, chaque mercredi et samedi elle se lève à 3 heures du matin pour préparer sa pâte , la pétrir à la main , jeter du bois dans le four… Elle vous attend à la section Vieux-Fort ( Saint-Louis). En venant de Saint-Louis, sa boutique est située sur la droite quelques mètres après la plage de vieux Fort.
Mme DAVIDOS part rassurée . Elle a l’assurance que ses enfants vont prendre le témoin.

De l'autre coté de l'île, à Capesterre Marie-Galante ( Rue du général Leclerc), Mme GERMANY aurait souhaité transmettre son savoir faire. Ce n’est pas un métier facile pour une personne de son âge ! Heureusement, les jours de production, son fils qui habite Pointe-à-Pitre descend à Marie- Galante pour l’aider. Il y a bien eu deux jeunes qui voulaient s’y mettre. Ils sont restés quelques jours avec elle. Mais ils ont jeté l’éponge : travail trop pénible et pas assez rentable.
Tout en maugréant entre ses dents contre le rédacteur de coconews qui est venu « l’attaquer » dès 5 heures du matin, elle nous entraîne de son pas alerte vers sa boutique encore fermée à cette heure très matinale. Elle tient à nous montrer ses bonbons (gâteaux sans oeufs) sucrés, à la goyave, ses grabbios…
Son métier, elle le connaît. Dès l’âge de 9 ans, pour pétrir la pâte à pain, on la mettait sur un banc pour qu’elle puisse être à la hauteur !
Une photo d’elle ?: han han ! Elle n’a jamais voulu être photographiée. D’ailleurs, elle est sur ses gardes depuis le jour où un touriste avait pris sa photo à son insu et qu’elle avait appris de sa voisine qu’elle était sur un magazine. « zôt pa ni fanmi ! »nous dit-elle avec un sourire, nous signifiant ainsi la fin de l’entretien.Capesterre attend son pain et ses gâteaux !

Article réalisé et  diffusé le 3 juillet 2004 et le 13/05/05 dans la newsletter hebdomadaire de coconews Guadeloupe

Liko